«BLANCHIR DE L’ARGENT »…! EXPLICATIONS ET ORIGINE de l’expression avec cours-de-français-en-ligne!

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Signification

Donner à de l’argent malhonnêtement acquis une existence légale en dissimulant les preuves de son origine

 

Origine

Un célèbre proverbe dit que « bien mal acquis ne profite jamais » ou, autrement dit « on ne tire aucun avantage d’une possession ou d’un privilège obtenu par malhonnêteté ».
Mais si c’était toujours vrai, les truands, escrocs et autres pourvoyeurs de drogues ne s’achèteraient pas de superbes voitures ou propriétés, ne vivraient pas comme des nababs, et ne jugeraient pas utile de continuer à s’adonner à leur activité.

Le problème, pour ces aigrefins, est de remettre en circulation l’argent accumulé malhonnêtement en le faisant passer pour des espèces ‘honnêtes’ obtenues dans la plus pure légalité, donc en faisant disparaître les preuves de son origine frauduleuse.

Depuis le début du XIIe siècle, « blanchir » signifie « rendre blanc », ce qui n’est pas vraiment fait pour étonner. Il en découle, un siècle et demi plus tard, bien avant l’apparition des enzymes gloutons qui lavent plus blanc que blanc, le sens de « rendre propre » puisque, lorsqu’on a un linge blanc sali, on essaye de le « blanchir » en le lavant.
Au figuré et au XIXe siècle, le verbe signifie également « purifier », le blanc éclatant étant aussi un symbole de pureté.
Au figuré encore, dès le XIVe siècle, on parlait déjà de « blanchir un accusé » lorsqu’on réussissait à éliminer les soupçons qui pesaient sur lui ou, autrement dit, à le « laver » de ces soupçons.

Ce n’est qu’au XXe siècle qu’apparaît notre expression pour désigner l’action qui consiste, via des moyens généralement eux-mêmes malhonnêtes, à « nettoyer » ou « purifier » de l’argent « sale » afin de pouvoir le réinjecter dans l’économie comme s’il s’agissait d’argent honnête.